Un peu d’histoire…

Introduction

Historiquement, la commune de Thiverval-Grignon s’inscrit dans le territoire du « val de Gally », qui s’étend, à l’ouest de Versailles en bordure de la forêt de Marly, de Bailly à Crespières, dans ce que l’on nomme plus volontiers de nos jours la plaine de Versailles.

Ce territoire, véritable « petit pays », a vu son nom peu à peu oublié, éclipsé par l’importance que prit le domaine royal à partir du XVIIème siècle. Cependant, cette région, et plus particulièrement la commune de Thiverval-Grignon, dispose de nombreux atouts historiques qui en font une source de patrimoine inestimable.

Thiverval et Grignon comptent ainsi en leur sein certains éléments de ce patrimoine du « val de Gally », au rang desquels figurent notamment l’église Saint-Martin de Thiverval, le château de Grignon ou, plus récemment, l’Institut National Agronomique Paris-Grignon.

Histoire locale de Thiverval-Grignon

Il semble bien que Thiverval ou plus précisément le plateau de la Champagne qui domine le village actuel, était habité il y a quelques millénaires si l’on en croit les nombreux fragments de haches, grattoirs, flèches, etc… qu’on y a découverts révélant la présence d’un atelier à silex.

Bien plus tard, l’époque Gallo-Romaine y a également laissé quelques témoignages : pièces de monnaie trouvées dans le sol, chambres souterraines contenant des fragments de poterie attribuée aux IIème et IIIème siècles, survivance du chemin Meulantais et du vieux chemin de Poissy qui sont les vestiges de deux voies romaines.

Au moyen âge le village érigé en paroisse au XIème siècle a dû connaître une certaine importance : on sait qu’en 1061, par une Chartre de Philippe 1er, le chapitre de Poissy possède des terres à Thiverval et le marché qui s’y tient au mois de septembre à la fête de Notre-Dame.

Au XIIème siècle commence la construction de l’église actuelle qui compte parmi les plus belles de la région.

Au XIIIème siècle, Thiverval dépend de la châtellenie de Poissy ainsi que les fiefs de Buc et Grignon, et sera rattaché en 1484 au Compté de Montfort, par la décision de Charles VIII.

Mais le XVème siècle vit se réduire Thiverval dévasté d’abord par les invasions anglaises et les sanglants combats qui eurent lieu sur son territoire lors de la prise de Meulan, puis par l’une de ces effroyables épidémies de peste dont les victimes ne se comptaient plus.

L’évènement du XVIème siècle fut l’achat des terres de Grignon en 1537 par François 1er qui en fit don à sa maîtresse Diane de Poitiers. En 1582 c’est Pompone de Bellievre qui acquiert Grignon et Buc.

Au XVIIème siècle son petit-fils édifiera le château actuel remplaçant l’ancien manoir qui s’élevait depuis le XIIème siècle sur le fief de Buc. Il obtiendra qu’en 1651 Grignon soit érigé en marquiset.

En 1674, l’agrandissement (par l’échange de terres avec l’église de Thiverval et la clôture) du domaine de Grignon modifièrent l’aspect de Thiverval en sacrifiant une partie de ses maisons et obligeant au déplacement du village vers l’Ouest.

Au XVIIIème siècle, la paroisse de Thiverval (qui possédait une école largement fréquentée) comptait environ 400 habitants répartis en 84 feux dont 14 au hameau de Grignon et 24 à celui des Petits-Prés (qui sera rattaché à Plaisir en 1819). Presque tous étaient cultivateurs ou vignerons. Ils subirent la Révolution (pendant laquelle Thiverval dépendait du district de Montagne Bon-Air soit Saint Germain en Laye).

Les guerres, les bouleversements et les régimes successifs sans présenter beaucoup de changement tout au long du XIXème siècle et jusqu’à ces dernières décennies. Toutefois Grignon se transforma : Après la dernière marquise de Grignon Madame de Brassac, le domaine fut la propriété de Monsieur Auguie dont la fille épousa le maréchal Ney en 1802. Le mariage fut célébré à Thiverval dans la maison du maire (appelé par la suite le Château de Thiverval).

Le futur Maréchal Bessières d’Istries lui ayant acheté le château, le parc les terres et les fermes de Grignon 1809, sa veuve les mit en vente en 1826. L’adjudication eut lieu en faveur de Charles X qui en fit l’Institution Royale Agronomique. Celle-ci devint en 1852 l’Ecole Impériale d’Agriculture, puis en 1870, l’Ecole Nationale d’Agriculture. C’est maintenant l’Institut National Agronomique.

Par un décret en date du 18 octobre 1952 la commune de Thiverval a été autorisée à porter désormais le nom de  » Thiverval-Grignon « .

Si peu à peu, participant à l’évolution générale, elle s’est dotée des avantages et des inconvénients propres aux temps actuels, elle a su préserver le charme de son site en même temps que son caractère rural et ainsi garder son âme.

Témoins du passé

Lorsqu’on évoque le passé de notre village on pense aussitôt à ces deux superbes monuments que sont l’église de Thiverval et le château de Grignon – dont on a déjà beaucoup parlé et dont on parlera encore – mais de ce long passé subsistent aussi quelques témoins, fort modestes et peu connus, mais non dépourvus d’intérêt.

Certaines pierres sont chargées d’histoire :

Peut-être qu’en cherchant bien on trouverait encore ici ou là dans le sol de Thiverval des fragments de silex taillés, haches, grattoirs, flèches, etc, comme, au début du siècle, les enfants de l ‘école en ont découvert un bon nombre sous la conduite de l’instituteur de l’époque qui fut aussi historien de la commune : Léon Risch. Une grande partie de ces pierres fut alors remise au musée des Antiquités Nationales de Saint Germain en Laye. Ces silex indiquent la lointaine présence d’un atelier à silex et d’un habitat, c’est dire qu’a l’âge de pierre, Thiverval existait déjà.

Beaucoup plus tard, c’est l’époque gallo-romaine qui a laissé des traces également découvertes au début de ce siècle : des pièces de monnaie sur le plateau de la Champagne qui dominait Thiverval et en 1905, dans une chambre souterraine située en dessous du lieu dit la Défonce, dans le parc actuel de Grignon, (à l’est de la Grande Rue), des fragments de poterie datant des II et IIIème siècles. Comme il y en avait également des XV et XVIèmes, il semble que c’est là qu’autrefois se trouvait le village.

Les siècles suivants ne nous ont apparemment rien laissé (hormis l’église) mais il faut tout de même remarquer la croix centrale du cimetière qui, à partir du XIIIème siècle se trouvait auprès de l’église et a été transférée avec le cimetière en 1850, à son emplacement actuel. En réalité elle a dû être refaite par la suite mais le socle est bien d’origine.

Les siècles passent et nous arrivons à l’aube du XIXème. Dans la Grande Rue on voit une fort belle propriété, d’ailleurs longtemps appelée le château, qui appartient aujourd’hui à un talentueux sculpteur et était alors la demeure du Maire J.C Aubusson de Cavarlay. Il l’avait fait construire une quinzaine d’années plus tôt et y avait installé provisoirement la Mairie où, le 5 août 1802, il célébra le mariage de la fille du nouveau châtelain de Grignon Aglaé Auguié avec le général Ney qui deviendra maréchal, duc d’Elchingen, prince de la Moscowa et pair de France.

Il nous reste aussi à voir le lavoir : c’est le même Aubusson qui le fit reconstruire entièrement en 1813 sur les fondations de l’ancienne laverie. Détail amusant : comme il en avait lui-même établi les plans dans les moindres détails il mentionnait que  » l’adjudicateur sera tenu de donner une dinde à celui qui à fait le devis, qui est le maire, et trois francs au maître d’école s’il veut la copie des présentes « .

Enfin on peut noter l’existence de souterrains, au moins un qui part de l’ancien presbytère de Thiverval et se termine vers le château de Grignon. On n’en voit plus que l’entrée et on n’en connaît pas l’origine. Serait-ce la guerre de cent ans ?

Mais les pierres ne sont pas les seules à nous conter le passé de Thiverval-Grignon : La tradition locale a conservé et transmis de génération en génération des souvenirs historiques concrétisés par des noms de lieux s’y rapportant et qui figurent dans le cadastre établi en 1821 en remplacement du plan d’intendance existant jusqu’alors.

 

L’église St Martin

Trésors et symboles des villages, les églises paroissiales et les œuvres d’art qu’elles renferment constituent le pôle fort du patrimoine du val de Gally. En raison de leurs grandes qualités architecturales, elles ont à la fois mobilisé l’attention des habitants et des responsables locaux, mais elles ont également suscité l’intérêt du service des monuments historiques qui les a protégées dès le XIXème siècle : protection de l’église de Thiverval en 1846, de Feucherolles en 1886, de la façade de Davron en 1923, de Chavenay en 1933 et de Saint-Nom-la-Bretèche en 1977.

Généralement issues de plusieurs campagnes de construction, certaines présentent à la fois des caractères romans, gothiques ou même classiques, mêlés à des restaurations – consolidations, modifications, qui les rendent parfois difficiles à comprendre.

Selon la légende, la fondation de l’église remonterait à Clovis. Au moment de sa conversion, il aurait jeté trois plumes au vent et promis de bâtir un sanctuaire à chacun des endroits où les plumes tomberaient. Thiverval aurait été ainsi désignée.

Le chœur et les absides de l’édifice actuel furent bâtis durant la seconde moitié du XIIème siècle, la tour de croisée à la fin du XIIème siècle et la nef durant la première moitié du XIIIème siècle. L’église possède une élévation à trois niveaux. Les grandes arcades portées par des piliers carrés sont surmontées d’un triforium aveugle constitué d’arcatures géminées. Un dernier niveau formé de fenêtres hautes regroupées en triplets éclaire l’étage supérieur. L’édifice, à trois vaisseaux voûtés d’ogives, comprend une nef de cinq travées, un transept sur lequel ouvrent deux absidioles flanquant le chœur en hémicycle. L’ensemble de ces volumes est dominé par la tour de croisée.

Dès 1876, Anatole de Baudot élabora pour le service des monuments historiques un projet de rénovation de l’édifice, conservé aujourd’hui à la bibliothèque du Patrimoine.

Sur la base de ce projet, le Ministère de la Culture et la Direction Régionale des Affaires Culturelles, en association avec la commune, ont décidé d’engager un vaste chantier de restauration de l’église Saint-Martin dans le courant de l’an 2000.

En décembre 2011, la nouvelle cloche Oriane a été inaugurée.

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